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Nos meilleures Brasseries de Paris

Maisons incontournables de la vie gourmande à Paris, les brasseries ont toujours le vente en poupe et un succès qui perdure.

Pour voir le top 20 de nos meilleures brasseries parisiennes Cliquez ICI 

Petit florilège de brasseries parisiennes :

Paris 1er :       Champeaux Les Halles
Paris 2ème :   Le Vaudeville
Paris 3ème :   Chez Jenny
Paris 4ème :   Le Saint Régis
Paris 5ème :   Marty
Paris 6ème :   Lipp
Paris 7ème :   Thoumieux
Paris 8ème :   Chez André
                         Le Boeuf sur le Toit       
                        Chez Francis                      
                        Mollard
Paris 9ème :   Le Lazare
                        Au Général Lafayette
Paris 10ème : Le Terminus Nord
Paris 12ème : Les Grandes Marches
 
                        L'Européen
Paris 14ème : L'Apollo
Paris 15ème : Le Café du Commerce
Paris 16ème : Le congrès Auteuil  
                         Le Tournesol
                         L'Auberge Dab
Paris 17ème : Le Congrès Maillot
Paris 18ème : Le Wepler
Paris 19ème : Au Boeuf Couronné
                          Paname Brewing Company                      
Paris 20ème : Monsieur Culbuto

Les Origines des Brasseries à Paris  

Pour comprendre la brasserie parisienne, il faut remonter au XIXe siècle et regarder vers l'Est, du côté de l'Alsace et de la Lorraine.

L'exode alsacien de 1871

Après la défaite française lors de la guerre franco-prussienne de 1870-1871, l'Alsace-Moselle est annexée par l'Empire allemand. Des milliers d'Alsaciens, refusant de vivre sous domination prussienne, choisissent l'exil et s'installent massivement à Paris. Parmi eux, de nombreux brasseurs, restaurateurs et aubergistes.

Ces migrants apportent avec eux leur savoir-faire culinaire : la choucroute garnie, le baeckeoffe, les flammekueche, la tarte flambée, mais aussi leur culture de la grande salle commune et de la bière servie à la pression. À Paris, ils ouvrent leurs établissements et les appellent naturellement brasseries — du mot alsacien pour « lieu où l'on brasse ».

Du lieu de brassage au restaurant

Au départ, la brasserie est avant tout un endroit où l'on fabrique et consomme de la bière sur place. Mais très vite, pour attirer une clientèle plus large, les propriétaires alsaciens enrichissent leur offre : ils servent des repas complets, proposent des spécialités régionales, et adoptent le service à table à l'heure du déjeuner et du dîner.

La brasserie parisienne naît ainsi de ce mélange entre la convivialité alsacienne et le raffinement de la capitale. Elle se distingue du café — où l'on boit sans vraiment manger — et du restaurant gastronomique — trop formel et coûteux — en occupant une place intermédiaire et populaire, ouverte à toutes les heures et à toutes les bourses.

L'Âge d'Or des Brasseries : la Belle Époque  

C'est entre 1880 et 1914, durant la Belle Époque, que la brasserie parisienne connaît son apogée. Paris est alors la capitale culturelle et économique du monde. Les Expositions Universelles de 1889 et 1900 attirent des millions de visiteurs qui découvrent les grandes brasseries avec émerveillement.

Un phénomène urbain et social

La brasserie devient un espace de sociabilité central dans la vie parisienne. On y vient le matin pour un café et des tartines, à midi pour un repas rapide entre collègues, le soir pour dîner en famille ou entre amis, et tard dans la nuit pour souper après le théâtre ou l'opéra. Car la brasserie a cette particularité rare : elle ne ferme jamais vraiment, ou presque.

Hommes d'affaires et ouvriers, artistes et bourgeois, provinciales montés à Paris et étrangers de passage — tous se retrouvent dans ces grands espaces démocratiques. La brasserie parisienne est l'un des rares lieux où les classes sociales se croisent sans trop de frictions, unies par le plaisir commun de bien manger dans une atmosphère animée.

Les brasseries et la vie intellectuelle parisienne

Les brasseries deviennent également des carrefours intellectuels et artistiques. Zola, Maupassant, Verlaine, plus tard Sartre, Simone de Beauvoir ou Hemingway — tous ont leurs tables attitrées dans tel ou tel établissement. On y refait le monde, on y signe des contrats, on y tombe amoureux. La brasserie est le salon de Paris, version démocratique et accessible.

Des Décors de rêve parfois classés aux Monuments Historiques 

L'une des caractéristiques les plus remarquables des grandes brasseries parisiennes est leur décor intérieur exceptionnel. À la fin du XIXe siècle et au début du XXe, les propriétaires rivalisent d'ambition architecturale pour attirer la clientèle.

Le style Art Nouveau

Plusieurs brasseries font appel aux grands noms de l'Art Nouveau pour concevoir leurs intérieurs. Vitraux colorés, mosaïques florales, céramiques peintes, boiseries sculptées, plafonds à caissons, verrières zénithales — chaque détail est pensé pour créer une atmosphère enveloppante et luxueuse.

La Brasserie Julien (1903) et la Brasserie Vagenende (1904) sont parmi les exemples les plus aboutis de ce style architectural appliqué à la restauration. Leurs façades et intérieurs sont aujourd'hui classés aux Monuments Historiques, témoins précieux d'une époque où l'on construisait les restaurants comme des palais.

Les grands miroirs et l'effet de profondeur

Un élément architectural récurrent dans les brasseries parisiennes : les immenses miroirs qui tapissent les murs du sol au plafond. Leur fonction est à la fois esthétique et pratique — ils agrandissent visuellement les salles, multiplient les reflets de la lumière des lustres en cristal, et permettent aux clients de voir et d'être vus sans se retourner. Dans la culture de la brasserie, voir et être vu est une dimension essentielle du plaisir.

Le zinc et le comptoir

Impossible d'évoquer la brasserie sans mentionner le zinc, ce métal gris qui recouvre les comptoirs et a donné son nom à une figure emblématique du paysage parisien : le zinc, le café-comptoir populaire. Dans les grandes brasseries, le bar en zinc est souvent une pièce maîtresse, autour de laquelle s'organise toute la vie de l'établissement.

La Culture de la Brasserie : Codes, Rituels et Art de Vivre 

Fréquenter une brasserie parisienne, c'est entrer dans un univers codifié avec ses propres rituels, sa propre temporalité, ses propres personnages.

Le serveur de brasserie : un personnage à part entière

Le garçon de brasserie — toujours appelé garçon, jamais serveur — est une figure incontournable. Reconnaissable à son tablier noir long, sa veste blanche et son efficacité presque chorégraphiée, il incarne une certaine idée du service à la française : professionnel, légèrement distant, parfois un brin condescendant, mais toujours compétent. Il connaît ses clients réguliers par leur prénom, leur table attitrée, leurs habitudes. La relation entre le garçon de brasserie et son client est une relation de longue durée, presque une forme d'institution en soi.

La notion de « table attitrée »

Dans les grandes brasseries parisiennes, avoir sa table attitrée est un signe d'appartenance et de statut social. Certaines tables sont réservées de génération en génération pour les mêmes familles ou personnalités. C'est le cas à la Brasserie Lipp, où les places près des fenêtres donnant sur le boulevard Saint-Germain sont âprement convoitées.

Manger seul sans honte

La brasserie parisienne est l'un des rares espaces de restauration où manger seul est non seulement accepté, mais valorisé. Le client solitaire avec son journal déplié, son verre de vin blanc et son assiette de hareng pommes à l'huile est une figure classique, presque romantique, du décor. Cette tolérance pour la solitude choisie est une forme de liberté typiquement parisienne.

L'horaire continu : la brasserie ne dort jamais

Contrairement aux restaurants traditionnels français qui ferment entre midi et 19h30, la grande brasserie parisienne fonctionne en service continu, souvent de 8h du matin jusqu'à 1h ou 2h du matin. Cette disponibilité permanente fait partie de son identité : on peut y prendre un petit-déjeuner tardif, un déjeuner d'affaires, un goûter, un dîner en amoureux ou un souper après le spectacle.

La Carte : les Grands Classiques de la Brasserie Parisienne  

La gastronomie de la brasserie parisienne est un répertoire de plats emblématiques, souvent hérités de la tradition alsacienne ou de la cuisine bourgeoise française.

Les incontournables

Le plateau de fruits de mer : huîtres, crevettes grises, bigorneaux, langoustines sur leur lit d'algues et de glace pilée — symbole absolu de la brasserie parisienne.

La choucroute garnie : héritage alsacien direct, avec ses saucisses, lard fumé et jarret de porc sur un lit de chou fermenté.

Le steak tartare : viande hachée à la main, assaisonnée devant le client — un art en soi.

Les œufs mayonnaise : entrée simple et populaire, devenue un symbole presque militant de la cuisine brassicole (il existe même une Association de Sauvegarde de l'Œuf Mayonnaise).

Le foie de veau : plat de brasserie par excellence, souvent poêlé au beurre et servi avec des pommes de terre sautées.

La tête de veau sauce gribiche : plat canaille et généreux, emblème de la cuisine populaire française élevée au rang de classique.

La sole meunière : poisson noble, simplement préparé au beurre — la sophistication dans la simplicité.

Le vin et la bière

Si la bière reste présente sur les cartes — notamment en pression, souvent de provenance alsacienne —, les grandes brasseries parisiennes ont progressivement adopté des cartes des vins ambitieuses. Le chablis avec les huîtres, le riesling avec la choucroute, le beaujolais avec les abats : les accords mets-vins de la brasserie suivent des codes bien précis et savoureux.

La Brasserie aujourd'hui : entre tradition et renouveau  

Un patrimoine menacé, puis préservé

Dans les années 1980 et 1990, les grandes brasseries parisiennes ont traversé une période difficile. La concurrence des fast-foods, l'évolution des habitudes alimentaires et les coûts élevés de maintenance des décors classés ont menacé plusieurs institutions. Certaines ont fermé, d'autres ont été rachetées par des groupes de restauration.

Mais depuis les années 2000, on assiste à un retour en grâce spectaculaire des brasseries parisiennes. Reconnues comme un patrimoine gastronomique et architectural irremplaçable, elles bénéficient d'un regain d'intérêt tant de la part des Parisiens que des touristes internationaux.

La nouvelle génération de brasseries

À côté des institutions historiques, une nouvelle génération de brasseries a émergé à Paris. Ces établissements s'inspirent des codes classiques — grande salle animée, carte de brasserie, service continu — mais les réinterprètent avec une sensibilité contemporaine : attention accrue à la qualité des produits, aux vins naturels, à la saisonnalité des menus, parfois à une décoration plus épurée.

La brasserie comme expérience culturelle

Aujourd'hui, visiter une grande brasserie parisienne historique est devenu une expérience culturelle à part entière, au même titre que la visite d'un musée ou d'un monument. Des guides de voyage du monde entier classent les brasseries parisiennes parmi les incontournables de la capitale. Certains architectes et historiens de l'art organisent même des visites guidées axées sur leur patrimoine architectural.

FAQ sur les Brasseries Parisiennes 

Quelle est la différence entre une brasserie et un restaurant à Paris ?

La brasserie se distingue du restaurant traditionnel par son service en continu (pas de coupure entre midi et soir), son ambiance animée et décontractée, sa carte de plats simples et généreux (fruits de mer, choucroute, viandes grillées), et ses grandes salles où l'on peut s'asseoir sans réservation à presque toute heure.

Faut-il réserver dans les grandes brasseries parisiennes ?

Pour les brasseries historiques très fréquentées comme Bofinger, Lipp ou La Coupole, il est fortement recommandé de réserver, surtout le week-end et en soirée. Le déjeuner en semaine est généralement plus accessible sans réservation.

À quelle heure peut-on dîner dans une brasserie parisienne ?

L'un des grands avantages de la brasserie est son service en continu : on peut généralement y dîner de 19h jusqu'à minuit ou 1h du matin. Certaines, comme La Coupole ou Bofinger, servent jusqu'à 1h du matin les weekends.

Les brasseries parisiennes sont-elles adaptées aux familles ?

Absolument. La brasserie parisienne est par essence un lieu familial et intergénérationnel. L'ambiance animée convient bien aux enfants, et la carte propose généralement des plats simples qui plaisent à tous.

Pourquoi les brasseries parisiennes ont-elles souvent un décor Art Nouveau ?

Parce que la période de construction et d'aménagement de ces établissements coïncide avec l'apogée du style Art Nouveau (1890-1910). Les propriétaires, soucieux d'attirer une clientèle bourgeoise et aisée, investissaient massivement dans des décors somptueux confiés aux meilleurs artisans et artistes de l'époque.

Conclusion : La Brasserie, mémoire vivante de Paris

La brasserie-restaurant parisienne n'est pas un simple lieu de restauration. Elle est une mémoire vivante, un espace où se lisent deux siècles d'histoire française : l'exil alsacien de 1871, l'optimisme de la Belle Époque, l'effervescence des Années Folles, les débats intellectuels de Saint-Germain-des-Prés. Chaque zinc patiné, chaque miroir biseauté, chaque plateau de fruits de mer porté à bout de bras par un garçon pressé raconte quelque chose de Paris et de ses habitants.

Entrer dans une grande brasserie parisienne, c'est rejoindre une longue chaîne humaine qui remonte à plus de cent cinquante ans. C'est s'asseoir à la même table qu'Hemingway ou Zola, commander le même hareng pommes à l'huile que trois générations avant soi, et participer, le temps d'un repas, à quelque chose qui dépasse largement l'acte de manger.

Ainsi, la brasserie parisienne est toujours plus vivante que jamais vivante. Longue vie à elle.

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