
Restaurant Nonno San
À deux pas du Pont-Neuf, Nonno San propose une cuisine à quatre mains où les racines italiennes de Victoria Luciano rencontrent la culture japonaise de Keita Sukeno.
Une adresse chaleureuse et familiale, inspirée de l’itameshi, qui invite à passer de l’espresso du matin à l’aperitivo, avant de s’attabler autour de pasta, antipasti et plats aux accents nippons.
Nonno San, quand la Calabre rencontre le Japon à Paris
Il y a des restaurants qui racontent une histoire et d’autres qui la font véritablement vivre. Nonno San appartient clairement à la seconde catégorie. Installé au 20 rue Dauphine, dans le 6e arrondissement de Paris, le restaurant imaginé par Victoria Luciano et Keita Sukeno est né de leur histoire personnelle, de leurs souvenirs d’enfance et de leur goût commun pour les cuisines italienne et japonaise.
Victoria est originaire de Calabre tandis que Keita, né en France de parents japonais, appartient à une famille particulièrement familière de la gastronomie nippone à Paris. Avec leur groupe Kobo, ils sont notamment à l’origine de Tsukizi, Shin Izakaya et Saku. Nonno San ouvre ici un nouveau chapitre, en faisant dialoguer leurs deux cultures autour d'une table commune.
Le nom du restaurant résume à lui seul cette rencontre. « Nonno » désigne affectueusement le grand-père en Italie, tandis que « san » est un suffixe japonais exprimant le respect. Le Nonno de Victoria était lui-même un grand cuisinier et une source d'inspiration importante pour sa petite-fille.
Une maison de famille au cœur de Paris

Le décor prolonge naturellement cette histoire. Nonno San évoque une maison de campagne italienne, avec ses murs en pierres blondes, son carrelage terracotta, ses banquettes en velours marron et ses tables en Formica vert foncé. Une terrasse couverte de 16 couverts accueille les beaux jours et peut être chauffée en hiver.
Au fond de la salle, le bar en marbre vert et bois invite aussi bien au cappuccino qu’au cocktail. Une mezzanine offre un espace supplémentaire autour d’une grande table en bois.
Et surtout, le décor multiplie les petits détails qui racontent l’histoire de la maison : photographies de la Calabre, portraits de générations précédentes, tasses japonaises pour le café, vaisselle mouchetée fabriquée en Calabre et même les couteaux provenant de cette région. Les plats du menu sont écrits dans une typographie reproduisant l’écriture manuscrite de la maman de Keita.
De l’espresso à l’aperitivo
L’une des particularités de Nonno San est de ne pas être uniquement une adresse pour déjeuner ou dîner. Le restaurant revendique un véritable art de vivre à l’italienne, avec une ouverture dès 9 heures.
Le café y tient une place importante. On vient s’installer au comptoir pour un cappuccino al banco préparé avec un café Vergnano, accompagné d’un croissant, d’un cookie, d’un croccante ou d’un tramezzino. Les sandwichs chauds prennent notamment la forme de piadine ou de ciabatte, avec des garnitures comme la ’nduja calabraise et le provolone, ou le jambon cru, la roquette et la stracciatella.
À partir de 18 heures, place à l’aperitivo. Les classiques italiens prennent alors quelques accents japonais avec un Yuzu Spritz, un gin tonic au shiso ou un Umeshu Spritz. Côté assiettes à partager, on retrouve arancini, charcuteries calabraises, burrata des Pouilles, ’nduja et huile d’olive.
L’itameshi, ou l’art de faire dialoguer deux cuisines
Chez Nonno San, pas question de juxtaposer simplement des recettes italiennes et japonaises. La maison s’intéresse à une tradition bien réelle : l’itameshi, cette cuisine née au Japon qui associe depuis plusieurs décennies techniques et saveurs italiennes à des ingrédients ou des habitudes culinaires japonaises.
Keita connaît cette cuisine depuis l’enfance. Chez ses parents, l’escalope milanaise côtoyait ainsi le panko, tandis que quelques gouttes de sauce soja venaient relever la sauce tomate des spaghetti al pomodoro. Victoria apporte de son côté les souvenirs de la Calabre et les recettes de son grand-père Nonno.
Le résultat est une cuisine personnelle, nourrie de souvenirs mais travaillée avec une vraie attention portée aux produits. Les recettes sont imaginées par Victoria et Keita, avec le regard complice de leurs proches et notamment de la maman de Keita.
Des pasta qui voyagent entre Paris, l’Italie et le Japon

La carte est conçue à quatre mains et propose aussi bien des plats directement inspirés de l’itameshi que des antipasti en V.O. comme cette originale Burrata, ’nduja de Spilinga au miso et panko
Les pâtes, plus vraiment italiennes, ne sont pas pour autant déconnectées du Japon. Ainsi les agréables s associent

Pour les plats principaux, la carte évolue avec les saisons et les beaux jours voient arriver un délicat crudo de daurade aux graines de moutarde préparé selon une technique japonaise, escorté d'une originale salade de courgette

Les desserts sont de la même veine comme en atteste la crème mascarpone au matcha
Quelques vins français et italiens ainsi que des références de saké complètent l’ensemble.
Une adresse qui se découvre comme un album de famille
Ainsi avec Nonno San, Victoria Luciano et Keita Sukeno signent finalement bien davantage qu’un restaurant italo-japonais. Elles ouvrent une porte sur leurs souvenirs, leurs familles et leurs cultures, en faisant de la cuisine un terrain de rencontre.
De l’espresso du matin aux pasta du déjeuner, du dîner aux cocktails de l’aperitivo, Nonno San est une adresse vivante qui cultive une idée simple et généreuse de la table : manger, boire, partager et se sentir un peu chez soi. Une maison parisienne où la Calabre et le Japon ont trouvé un joli langage commun.
Comptez autour de 45€ hors boisson
Restaurant Nonno San
Ouvert tous les jours. Accueil de 9 h à 23 h.
20 rue Dauphine, 75006 Paris
Métro Odéon
Extraits de la carte :
***
AntipastiBurrata à la ’nduja – 16 €
Burrata, ’nduja de Spilinga au miso et panko
Salade caprese – 16 €
Tomates cœur de bœuf, tresse de mozzarella di bufala DOP, basilic, vinaigrette à la sauce soja
Arancini – 13 €
3 pièces · Courgette, mozzarella, panko, sauce tomate maison
Salade de roquette – 12 €
Roquette, pecorino en copeaux, noix torréfiées, quartiers de fruits frais
Polpette sauce tomate – 15 €
3 pièces · Bœuf et veau, sansho, sauce tomate maison
Salade de courgettes – 8 €
Courgettes crues à la mandoline, zeste de citron, persil, dashi de kombu
Bruschetta à la tomate – 7 €
3 pièces · Tartare de tomates, basilic
Soppressata de Calabre – 9 €
Saucisson sec de Calabre, piccante
Guanciale cru – 8 €
Lard tranché finement
San Daniele DOP 16 mois – 18 €
Jambon cru San Daniele DOP affiné 16 mois
***
Primi :
Rigatoni à la tomate – 14 €
Rigatoni, sauce tomate maison · suggestion polpette +9 €
Spaghetti aux vongole & moules – 21 €
Spaghetti alla chitarra, palourdes et moules, ail, vin blanc, persil, peperoncino, dashi de kombu
Rigatoni à la carbonara – 18 €
Guanciale, jaunes d’œufs, pecorino, poivre sansho
Pâtes en bouillon – 16 €
Spaghetti alla chitarra, brocoli en bouillon
Toppings à ajouter : ’nduja de Spilinga 4 € · Burrata 8 € · Mozzarella di bufala DOP 8 € · Guanciale croustillant 5 € · Polpette 2 pièces 9 €
***
Itameshi – Pâtes wafu
Spaghetti au mentaiko – 18 €
Chaud · Spaghetti alla chitarra, crème de mentaiko (œufs de cabillaud pimentés), nori
Capellini tomate & amaebi – 18 €
Froid · Capellini froids, tomate, crevettes crues
***
Secondi :
Crudo daurade – 26 €
Daurade kombujime, graines de moutarde, salade de courgette
Carpaccio de bœuf – 22 €
Bœuf, roquette, fromage, citron, miso, yuzu
Parmigiana – 18 €
Aubergine grillée, sauce tomate, fromage, basilic
***
Desserts :
Panna cotta – 9 €Tiramisù – 9 €
Crème mascarpone au matcha – 9 €
Crème mascarpone au kinako – 9 €
Granité au citron – 9 €
Granité à l’orange – 9 €
***
Restaurant testé par la rédaction de ParisGourmand. Dernière mise à jour : septembre 2026.

