La Tour d'Argent

Disons le d’emblée, nous sommes des inconditionnels de l’illustre Tour d’Argent, que nous avons bien connue à l’époque où il n’y avait pas un service sans que le regretté Claude Terrail ne passe de table en table saluer ses illustrissimes clients.

Ce fut également l’époque d’un combat juridique, épique, avec l’autre Tour d’Argent, celle de la Bastille, qui après avoir été contrainte de changer de nom a connu une vie chaotique, avant de revivre avec beaucoup de bonheur sous le nom de brasserie des Grandes Marches.

La Tour d’Argent, la renaissance d’une très grande table parisienne.

Mais disons également que depuis le départ de Dominique Bouchet en 1988... et celui des trois étoiles dans la foulée, ce célèbre restaurant périclitait et se languissait avec sa seule étoile Michelin au fronton. Alors on n'avait d'ailleurs plus la même impatience de prendre l'ascenseur pour grimper jusqu'à la belle salle à manger cossue, avec une vue exceptionnelle sur Notre Dame.Tour argent restaurant salle 2

Mais ça c’était avant ! André Terrail, fils de Claude Terrail qui porte d’ailleurs le prénom de son grand père, immense professionnel de la restauration, a décidé de reprendre les choses en mains. Déjà en procédant à des travaux de rénovation, et surtout en nommant à la tête des cuisines le remarquable cuisinier Philippe Labbé, qui a déjà été double étoilé à la Chèvre d’Or à Eze puis au Shangri La à Paris. Alors rendez vous au printemps 2017 pour connaître le verdict du Michelin.tour argent terrail restaurant paris 5 dir

Mais vu ce qui nous a été servi lors de notre dîner, deux étoiles Michelin sembleraient déjà légitimes ! Les  grenouilles aux orties, couteaux, héliantis et crumble qui ouvraient notre repas en tous cas étaient tout à fait en ligne avec ce que l’on attend d’une table multi-étoilée.

tour argent restaurant paris cuisses grenouilles

Idem pour le tendre suprême de caneton de Challans rôti au miel (qui provient des ruches installées sur le toit de la Tour !), épices, jus au vinaigre de cerise et muesli, hommage au fameux caneton au sang dont le millionième exemplaire a été servi en 1903 : on remettait en effet à chaque client, un petit carton avec le N° de son caneton !tour argent restaurant caneton miel muesli

En guise de conclusion, la poire Vie Parisienne, crème vanille, caramel et milkshake s’imposait… même si ce n’était qu’une variation largement revisitée de ce dessert culte.tour argent restaurant paris poire charpineBien sûr, les plus conservateurs regretteront que le fameux caneton à la presse ne soit plus servi que sur commande, et que le foie gras des trois Empereurs, la quenelle de brochet André Terrail, ou le soufflé Tour d’’Argent ne soient plus à la carte en permanence; car même si la cuisine doit suivre son époque, il peut sembler souhaitable qu’on laisse une toute petite place aux grandes spécialités qui ont contribué au succès de la maison.

En tous cas, la Tour a retrouvé une nouvelle jeunesse, avec un personnel de salle qui joue son rôle à merveille sous la houlette de Stéphane Drappier, et le grand sommelier  David Ridgway qui veille toujours sur une cave d’une incroyable richesse, dont il saura tirer les beaux flacons qui accompagneront votre repas.

Comptez environ 250 € hors boisson pour un repas mémorable. Menu-dégustation en 6 services à 350 € hors boissons. Impeccable menu à 105 € hors boissons au déjeuner.

 Infos Pratiques : 

 Restaurat La Tour d’Argent
 Fermé dimanche et lundi
 Accueil jusqu’à 21h30
 Voiturier

 15, quai de la Tournelle, Paris 5ème
 Métro Sully Morland
 


 Plan du quartier


 Extraits de la carte :      

  • Oignons pourpres de Jean-Marie Caillot,
    velouté marbré d'une crème crue au vieux Comté de Vincent Badoz, mouillettes toastées  68 €
  • Langouste   royale, pochée dans un beurre blanc, haricots paimpolais,
    bisque de potiron, courge butternut, bacon, huile de courge 145 €
  • Foie gras de canard de la Ferme Adour (pour deux personnes),
    grillé, laqué aux rutabagas, jus café-miel Tour d'Argent 89€
    *
  • Quenelle du 21e siècle, hommage au grand-père, girolles “tête de clou”, truffe d'automne,
    écrevisses pattes rouges, pistaches fraîches, oxalis pourpre 76€
  • Noix de Saint-Jacques de plongée, caviar Impérial,
    poêlées en jus de marinière au chocolat blanc acidulé, huile de homard 128 €
  • Ris de veau fermier, truffes blanches d'Alba, doré au sautoir, grillotiné de gratons,
    gnocchi fumé glacé au jus, râpé de noisettes du Piémont, parmesan 158€
  • Boeuf de l'Aubrac et caviar Impérial 220€
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  • Mangue, ananas, papaye, crumble, sorbet noix de coco, maracuja-kéfir 36€  
  • Chocolat lait, mousse, caramel, sorbet chocolat blanc ambré, lait déshydraté 34
  • Crêpes Mademoiselle, sorbet minute au caillé de lait cru zesté de Laurent Dubois 54 €
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